• lundi le 20 mai, 2019

Voici ce que les professionnels pensent du rachat de Transat par Air Canada

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17 mai 2019 – Cela a été annoncé hier, Air Canada a passé une entente exclusive avec Transat A.T. inc pour racheter la compagnie et ainsi regrouper les deux sociétés. Depuis que cette annonce a été faite, l’encre a coulé chez les professionnels du voyage, qui se sont tous empressés de réagir à une telle nouvelle. Et celle-ci semble être loin de faire l’unanimité.

En effet, nous vous demandions dans notre article publié hier de voter afin de donner votre avis sur la question. Parmi les 200 professionnels qui ont participé au sondage, 66% d’entre eux perçoivent ce rachat comme une mauvaise nouvelle. 15% s’en réjouissent, tandis que 19% sont encore dans le doute et ne savent pas quoi en penser. Qu’est ce que ça changera pour vos clients ? Aucune réponse fiable ne peut être donnée à ce stade des négociations et la transition se fera normalement en douceur donc pas de panique! Les clients ne perdront pas leurs billets d’avion suite au rachat.

Sur les réseaux sociaux, les professionnels ont aussi partagé leurs inquiétudes face à ce qu’un tel changement allait apporter à l’industrie. De manière générale, le point le plus cité est la peur de la hausse du prix des billets d’avion, maintenant que les deux compagnies ne seront plus en concurrence. Des centaines de commentaires ont été publié sur les réseaux de conseillers en voyages. En voici quelques exemples.

« Le monopole n’est jamais bon, les consommateurs seront perdants », peut-on par exemple lire dans les commentaires de notre page Facebook, par Reina Isabel Serrano, conseillère en voyages pour Voyages AquaTerra.

Un avis partagé par Sylvie Talbot, conseillère en voyages chez Voyages Tourailes à Laval et Helene Brochu. « Mauvaise nouvelle à plusieurs points de vue: prix, vols directs, retards, langue française, service, emplois… », explique Sylvie.

« La concurrence, c’est important pour avoir de meilleurs tarifs. Deux fournisseurs canadiens? Pas sûr », ajoute Helene.

D’autres se montrent plus positifs, et voient le bon côté de ce que ce rachat va apporter.

« Au moins, ça reste au Canada! » s’exclame Carl Richard, qui travaille à la Boutique de Voyage à Sherbrooke.

« Pour ma part, bonne nouvelle! Le rouge VS le orange », se réjouit aussi Johanne Germain, conseillère en voyages depuis 36 ans. « Je pense que cela va venir assainir le marché et que deux forces de qualité viennent de se joindre. Peut-être que l’impact sera moins positif pour les clients, mais cela donnera une force à deux super géants de l’industrie contre certains joueurs qui sont des citoyens corporatifs moins rigoureux dans leurs pratiques commerciales. Comme le dit un vieux dicton, l’union fait la force! »

changements et suppressions de postes vacances transat

En tout cas, tout ce que les professionnels souhaitent, c’est que ce rachat n’apportera pas trop de changements chez Transat. « En espérant que les employés de Transat gardent leur travail, que le service reste semblable et que le temps d’attente au téléphone soit réduit! » peut-on lire l’avis de Julie Mailloux.

D’autres encore essaient de ne pas dramatiser trop rapidement, et attendent que la nouvelle soit officielle pour s’exprimer.

« Ce n’est pas encore fait! Air Canada a signé une entente d’exclusivité d’une durée de 30 jours… Il y a de forte chances que cela se fasse, même si le Bureau de la Concurrence doit donner son aval, mais ce n’est pas encore fait! », rassure Sebastien Piche.

En effet, avant que l’achat ne se produise, la transaction doit d’abord être assujettie à la conclusion des ententes définitives, aux compléments de vérification diligente, à l’approbation des organismes de réglementation et des actionnaires, ainsi qu’à d’autres conditions propres à la conclusion d’une telle transaction.

Cette entente exclusive, d’une durée de 30 jours, n’est qu’un premier pas vers le rachat de Transat par Air Canada. Va-t-il se conclure? Très certainement, pensent les professionnels. Mais seul l’avenir nous le dira de manière sûre.

Les craintes des conseillers en voyages semblent être aussi partagées par d’autres experts du monde des affaires. Isabelle Dostaler, doyenne de la Faculté d’administration des affaires de l’Université Memorial à Saint-Jean et spécialiste de l’aviation commerciale, dans une entrevue accordée à Radio Canada, indique que ce rachat n’est pas une très bonne nouvelle pour le public voyageur.

« Ce qu’on dit toujours au sujet du transport aérien au Canada, c’est le manque de concurrence, alors ça ne va pas du tout aider la situation. Air Canada a une position quasi monopolistique, et certainement sur le transport régional. Air Transat joue quand même un rôle pour connecter des villes secondaires, notamment des vols en partance de Québec vers des destinations, des aéroports secondaires [à l’international]. Alors là, il ne faut pas s’imaginer qu’Air Canada ne va pas faire le ménage dans tout ça. C’est la loi économique lorsqu’on procède à des fusions. Le résultat en est souvent une rationalisation. Alors on peut imaginer que ça ne va certainement pas améliorer les choses. J’ai l’impression que les régions, les aéroports secondaires et les voyageurs vont y perdre au change », explique Isabelle Dostaler.

TRANSAT, MAINTENANT ROUGE?

Qu’est-ce qu’Air Canada pourrait faire avec Air Transat? Bonne question! Beaucoup de suppositions mais rien de signé!

On peut donc imaginer que les départs et les fréquences au départ des aéroports en région seront modifiés par exemple. Qu’en sera-t-il de la division hôtelière si chère à Monsieur Eustache?

« Tout est possible. Ça pourrait très bien rester une division d’Air Canada. Ça pourrait très bien se faire englober sous Rouge. Ça va vraiment être intéressant de voir comment ces deux organisations-là vont se marier. Air Canada a des activités de voyagiste avec Vacances Air Canada. Donc c’est vraiment cette partie-là des opérations d’Air Canada qui se marierait avec celles d’Air Transat. Mais c’est toute la question du développement hôtelier qui va être très intéressante. Je ne suis pas convaincue qu’Air Canada voudra s’en aller là-dedans. Mais bon, quand on fait l’acquisition d’une compagnie, après on peut facilement [en vendre une partie] », précise Isabelle Dostaler.

La discrétion dont fait preuve Transat au sujet de sa division hôtelière laisse planer un grand doute sur le futur de cette activité. Et si Transat faisait marche arrière ou au contraire conservait sa division hôtelière?

En tout cas, quels que soient leur opinion sur la question, il est certain que cette nouvelle fait réagir les professionnels! Rendez-vous dans un mois pour en savoir plus, et découvrir si Transat est bel et bien passée entre les mains d’Air Canada ou non.

Vous pouvez vous aussi continuer de nous donner votre avis en participant à notre sondage.

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