• vendredi le 14 août, 2020

La distanciation sociale à bord des avions est-elle vraiment nécessaire?

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30 juin 2020 — Les compagnies aériennes ont décidé de relancer leurs vols peu importe les restrictions en vigueur et les quelques cas de COVID19 toujours existants.

Prise de température, port du masque, distanciation physique, filtres à air HEPA, et d’autres mesures ont été mises en place pour assurer une sécurité aérienne optimale pour les voyageurs. Mais le doute continue de planer autour de la distanciation physique, notamment à l’intérieur d’un avion. Est-elle possible et nécessaire? 

Un avion est un espace confiné, et réduire le nombre de sièges n’est pas viable économiquement pour les transporteurs. Certaines compagnies telles qu’ Air Canada supprimeront d’ailleurs cette mesure à partir du 1 er juillet. IATA n’y étant pas favorable non plus depuis le début de la crise du COVID19. Sans distanciation sociale à bord, existe-t-il des risques pour les passagers? Les voyageurs seront-ils encore plus frileux à revoyager?

Il faut prendre conscience que la distanciation sociale n’est qu’un élément du processus de sécurité. C’est la mise en synergie d’une série de mesures qui permettra d’assurer la sécurité des passagers. Si l’on en croit les spécialistes, la distanciation sociale à elle seule ne pourrait pas écarter les risques de contamination s’il y en avait. Les voyageurs ne devraient donc pas s’inquiéter de voir disparaître cette mesure d’après les experts. 

Selon l’IATA, « les preuves » indiquent que le risque de contamination à bord des aéronefs est faible ; le port du couvre-visage ou du masque par les passagers et l’équipage à bord des avions « réduira davantage le risque déjà faible », tout en évitant les « augmentations dramatiques des coûts » du transport aérien qui résulteraient de mesures de distanciation en vol.

En effet, on ne peut pas nier que conserver la distanciation sociale à bord engendrerait un prix plus élevé des billets d’avion, ce qui aurait pour conséquence de faire baisser la demande et donc de mettre les compagnies aériennes dans une situation délicate, à l’heure où elles traversent des difficultés financières sans précédent. Rappelons qu’Air Canada a annoncé une perte nette de 1,05 milliard de dollars au premier trimestre de 2020, ce qui comprend, en mars, un épuisement net de trésorerie se chiffrant à 688 millions de dollars.

A-t-on sacrifier la sécurité à bord au profit de la bonne santé économique des compagnies aériennes? Si tel était le cas, nous serons au courant rapidement, toutefois aucune information ne va dans ce sens actuellement. Rappelons que les compagnies aériennes suivent les recommandations sanitaires et ont conçu des programmes de sécurité encadrés par des experts.

Pourtant, aujourd’hui, notre publication Travelweek relatait dans un article sur sont site que les passagers à bord du vol WS248 de WestJet de Toronto à Halifax le 26 juin ont été avertis d’une éventuelle exposition au COVID-19.

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UNE MESURE JUGÉE NON NÉCESSAIRE

La distanciation physique à bord est une mesure jugée non nécessaire par l’IATA. En effet, les autres mesures sanitaires seraient suffisantes pour empêcher les possibles transmissions de COVID-19 à l’intérieur d’un avion. Justin Trudeau a d’ailleurs rendu obligatoire la prise de température des passagers avant de prendre l’avion. Les procédures d’embarquement et de débarquement réduisant les contacts entre les passagers et les agents de bord ainsi que la désinfection des zones de contact et le port du masque sont des protocoles sanitaires qui, selon l’IATA, suffisent à garantir la sécurité des passagers.

De plus, les filtres à air HEPA sont présents dans la majorité des avions et assurent une élimination des virus, dont le COVID-19. À ce jour, aucun cas de transmission à bord n’a été observé. Le virus se transmettant surtout par les gouttelettes des voies respiratoires, et les passagers n’étant pas ou très peu en contact face à face, l’IATA constate que la distanciation physique n’est pas forcément une mesure nécessaire. Au contraire, elle ne ferait que nuire aux compagnies aériennes, obligées de restreindre l’accès au siège central des avions. Et même si le siège central reste inoccupé, cela « ne permettra pas d’assurer la distanciation recommandée » (IATA), la séparation physique recommandée étant d’un à deux mètres et la largeur des sièges étant de 50cm.

LE TEST DE LA RÉDACTION

La rédaction de Profession Voyages a volé à bord d’un vol domestique Air France en France et a pu constater qu’une distanciation sociale à bord n’engendrait pas forcément un sentiment de sécurité pour autant. Nous rejoignons l’avis de IATA d’un point de vue de l’expérience du passager. En effet, même en condamnant le siège du milieu, si l’avion est plein, vous ressentirez tout de même une inquiétude, sauf si vous êtes bien protégé individuellement. Port du masque, lingettes désinfectantes, vêtements de rechange à votre arrivée et ne pas entrer en contact physiquement avec vos voisins. Pour les personnes plus fortes physiquement, l’ajout d’un siège supplémentaire peut cependant être judicieux et rassurant.

Au final, toute sorte de foule présente un risque justifié ou non. Nous avons volé à bord d’un avion presque plein et un autre presque vide et le sentiment était presque le même. Nous étions tout de même un peu anxieux donc ce n’est pas le nombre de passagers à bord qui nous donne un sentiment de sécurité mais bien un ensemble de mesures.

Les gestes barrières vont être encore plus importants à présent lors des différentes étapes de votre voyage. N’oubliez pas non plus que tout le monde n’a pas la COVID19, donc votre voisin peut être tout aussi sain que vous.

Nous avons volé en classe économique et n’avons pas regretté, toutefois il y a plus d’espace en business où la distanciation sociale sera automatiquement appliquée en raison de la configuration des sièges.

Image: Business Class, Air Canada

UN REMPLISSAGE FAIBLE CET ÉTÉ, UNE DISTANCIATION SOCIALE GARANTIE OU PRESQUE!

Profession Voyages a eu l’occasion de discuter de la question de la distanciation physique à bord avec le directeur d’Air France-KLM Canada, Vincent Etchebehere. La compagnie ayant repris des vols de manière plus soutenue au mois de juin considère la sécurité constitue une priorité.

Selon V. Etchebehere, tant que les avions ne sont qu’à 50% de leur capacité de remplissage, la distanciation sociale s’applique automatiquement. Ce faible remplissage estival, commun à de nombreuses compagnies aériennes, devrait donc permettre aux voyageurs de pouvoir se sentir en sécurité à bord. 

De plus, du côté d’Air France-KLM, le remplissage d’un avion se fera en deux temps, d’abord les passagers de l’avant puis ceux du fond, afin de limiter les contacts entre les personnes. Le déplacement des agents de bord et leurs interactions avec les passagers seront aussi limités à bord, toujours dans un but de limitation des contacts sociaux.

Il y a peu de chance que les vols au départ de Montréal soient remplis cet été, et si le taux de remplissage à bord dépassait les 50%, la répartition serait tout de même pensée dans la logique de distanciation sociale. Il est possible aussi au moment de votre enregistrement de choisir un siège plus isolé dans une zone moins prisée de l’avion (dernier rang par exemple), ou encore de vous offrir plus de confort en volant en premium economy ou business. La sécurité n’a pas de prix, n’est ce pas? 

Source: Eloise Petit, Gwendoline Duval pour Profession Voyages

 

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