[La Toscane] le rendez-vous des épicuriens

Franck Laboue
L’aventurier épicurien
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À l’évocation de l’Italie, mes papilles s’agitent, mon niveau de salivation s’accélère et mon estomac jubile. À l’image de la France, l’Italie est presque automatiquement synonyme de gastronomie, de plaisirs culinaires en tous genres.

Nombreux sont les voyageurs qui viennent me consulter en quête d’un itinéraire épicurien du côté de la botte italienne. Ça va être dur à cacher: l’Italie est l’une de mes destinations fétiches. Véritable paradis qui allie gastronomie, art et culture. Les tentations sont légion. Chaque ville, village, vignoble est une invitation au plaisir. Difficile de résister à l’appel du Gelato ou de l’Espresso. En Toscane, centre névralgique du plaisir italien, en pleine terre du célèbre Chianti, les vignobles de qualité se succèdent à perte de vue. C’est sur ces terres, dans les ruelles de la petite cité de Montepulciano, que j’ai vécu l’une de mes plus belles journées « Épicurienne » en voyage. Succomber aux charmes de l’Italie: c’est inévitable.

AU COEUR DE LA TOSCANE

Visiter la Toscane était un rêve, comme pour beaucoup de voyageurs. Cette région d’Italie représente la quintessence de l’art et la culture. C’est depuis Sienne la magnifique que je m’apprête à explorer le sud de la Toscane. Au volant de ma petite Fiat de location, la route n’attend plus que moi. Et quelle route. Les petits rubans d’asphalte se dandinent entre les collines, ma Fiat a bien du mal à passer certains cols et se fraie difficilement un chemin. Je regarde le décor tout autour de moi et j’ai l’impression qu’il n’a pas changé depuis près de deux millénaires. Les collines teintes en vert ondulent gracieusement, tapissées de vignobles elles forment un panorama d’une magie inégalable. Ça et là de petites tours de défense en pierre gardent les alentours. Les cyprès, magistralement enlignés, forment des couloirs végétaux d’une beauté sans nom. Malgré la grisaille qui couvre en cette journée sur la Toscane, la magie opère et le paysage envoûte. Déjà, j’aperçois la colline où se niche la cité de Montepulciano. À environ 80km de Sienne, le trajet fut de courte durée.

MONTEPULCIANO: TORTUEUX VILLAGE MÉDIÉVAL

Montepulciano domine la vallée à une hauteur de plus de 600 mètres. Fondée au sixième siècle, elle fut surtout l’objet de convoitise entre ses deux puissantes voisines: Florence et Sienne. Elle changea de mains à plusieurs reprises, pour terminer dans le giron des Florentins en 1511. Montepulciano est imposante, le centre historique est entouré de puissants remparts et fortifications datant du 16ème siècle. La ville revêt un manteau de mystère, difficile d’imaginer ce qui se cache derrière ses murailles. Je me gare au pied des remparts, comme beaucoup de villes fortifiées en Europe, les voitures sont interdites.

Une fois passée l’immense voute de la porte principale, je suis sous le charme de l’architecture Renaissance si caractéristique de la ville. En voyageant en Italie, je me plais presque à croire qu’aucune cité ne peut être laide, impossible tant la concentration de villes de charme continue de m’étonner. En remontant l’artère principale et ses immenses façades de couleur ocre, arrive la Piazza Grande. Ici, je tombe sur la cathédrale de Montepulciano: Santa Maria Assunta. Cathédrale inachevée, il lui manque son recouvrement de marbre pour l’habiller. L’intérieur est sobre, peu caractéristique des églises croisées dans les autres cités de Toscane.


L’ambiance ici est définitivement médiévale. Les petits cafés se succèdent et déjà apparaissent les premières boutiques spécialisées dans le vin local. À Montepulciano, au contraire de Florence et Sienne, je croise peu de touristes, quelques amateurs errants comme moi c’est tout. C’est un plaisir rare que de pouvoir se balader dans les ruelles de Montepulciano. Tout est invitation à la flânerie, je me plais presque à me perdre dans les ruelles tortueuses de la cité fortifiée. Au croisement des rues recouvertes de pavés croches, je croise de toutes petites églises vides, les fenêtres des maisons sont remplies de pots de fleurs et le linge flotte au vent. Une vraie carte postale.

Les rues de pierre me font de l’ombre, je me dirige vers les remparts. Sur ceci, la vue sur la campagne environnante est majestueuse. À perte de vue ce ne sont que vignobles et petits domaines en pierre ocre. Au milieu de ce paysage se dresse sur une crête l’église San Biago et son architecture asymétrique. Au cœur de cette petite ville d’à peine 15 000 âmes trône la statue mécanique de Polichinelle, le célèbre personnage de la « Commedia dell’arte ». Tous les quarts d’heure il bat l’horloge, un son qui nous fait remonter le temps. Je serais resté toute la journée à arpenter chaque morceau de ruelle de ce petit village médiéval. Chaque artère cache ses secrets, ses petites fontaines, ses gravures et ses petites églises. Il est l’heure des dégustations. Difficile de manquer un repas en Italie tant les tentations y sont légion. À Montepulciano existe l’un des vins les plus appréciés d’Italie: le « Vino Nobile », un vin rouge d’appellation contrôlée. Dans l’artère principale, les caves à vin se succèdent pour offrir aux visiteurs des dégustations et visites gratuites. Le Nobile est issu d’une variété de Sangiovese. Sa robe? Rubis foncé avec des reflets violets. Lors de la dégustation, je note une acidité plutôt marquée, mes papilles s’en souviennent.

LA DOLCE VITA: L’HEURE DE LA DÉGUSTATION

Pour déguster le Nobile autour d’un bon repas, il faut s’arrêter dans l’une des nombreuses « Cantinas » qui jalonnent les rues de Montepulciano. Mon choix se porte sur le réputé restaurant « Montemercurio ». Sa petite terrasse m’a attiré comme un aimant. Sur la façade du restaurant, les bouteilles des vignobles locaux sont installées dans des boîtes de bois, telles des fleurs en pot. Accoudé à ma table, un verre de Nobile à la main, je vis la « Dolce Vita » comme il est inscrit sur ma coupe.

Les petites dames italiennes croisent les jeunes demoiselles accrochées à leur cellulaire, les cloches sonnent, l’ambiance ne pouvait pas être plus agréable. Du côté du repas, j’aurai droit à un véritable petit plaisir. À chaque passage en Italie, il m’est impossible de ne pas déguster des boules de Mozzarella. Accompagnées ou non, elles sont ici d’une fraîcheur et d’une saveur inégalée. Mon plat arrive; les boules de Mozzarella, au nombre de quatre, sont enveloppées de charcuterie italienne et déposées sur des tranches de pain grillé et trempé dans l’huile d’olive. Ça y est, vous avez faim? Le vin se marie à la perfection avec les saveurs du terroir toscan. De quoi terminer une visite en beauté.

https://www.montemercurio.com/en/

VERDICT DU CHRONIQUEUR

Visiter Montepulciano, c’est vivre le romantisme, l’élégance et le raffinement de la Toscane. Une destination de premier choix pour les voyageurs épicuriens et amoureux de l’Italie. Dans les ruelles tortueuses de ce village, j’ai aimé retrouver tout ce qui me charme à chaque voyage en Italie: architecture majestueuse, petites surprises cachées, art de la table, culture, joie de vivre… Voyager en Toscane, c’est vivre la Dolce Vita et ne plus vouloir en revenir.

LA RECETTE DE « ZESTE »

Filez sur le site de « Zeste » et organisez-vous une petite soirée culinaire toscane avec cette recette de Bruschetta pain à l’ail qui met l’eau à la bouche. Le tout accompagné d’un Vino Nobile, pour goûter la Toscane à la maison.

https://recettes.zeste.tv/5739-tuscan-fettunta-le-bruschette-pain-a-lail-a-la-toscane-et-bruschettas/

À LIRE

Jacques Orhon, Le nouveau guide des vins d’Italie, Les éditions de l’Homme, Montréal 2007